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La fac dentaire & moi (Partie 2)

La fac dentaire & moi (Partie 2)
La première partie de l'article est >> ici << .

Comme tu t’en doutes, le lendemain, j’ai envie de mourir (les médecins ne disent définitivement que des conneries). Sauf que c’est le 15 août, donc c’est férié. Je me dirige donc vers les urgences dentaires à 6h3o du matin, à pied, laissant Amoureux dormir, après avoir avalé mes deux cachets de codéine matinaux. (Ils ne suppriment absolument pas la douleur, il l’atténue légèrement. Ils la font passer de « achevez-moi » à « je vais bientôt mourir ».)

7h, j’arrive aux urgences dentaires.

« Ah oui mais ça va pas être possible. Faut revenir Mademoiselle. Les urgences dentaires c’est à 11h ou à 16h. Voilà. Au revoir Mademoiselle. »

Paye ton urgence. Je rentre en pleurs, hésitant grandement à me jeter sous l’ambulance qui sort de l’hôpital, me disant qu’au moins, ils me soigneraient.

A 11h, j’y retourne. Je tombe sur la brune de la veille (parce que les urgences sont tout le temps gérés par les étudiants. Si par hasard ton dentiste ne peut pas te prendre, il t'enverra à la fac dentaire ou à l'hôpital où bossent les mêmes gens.)

« Qu’est-ce que vous faites là ? »

Je lui explique que je vais crever, genre là, maintenant. Je lui demande de m’enlever le pansement, car j’ai remarqué au fil des semaines que la douleur s’amplifie quand il est posé. (Normal : l’infection veut sortir, mais on lui bloque le passage, alors ça tape dedans et tu douilles 1o fois plus.)

« Je ne peux pas faire ça, je vais vous prescrire un antidouleur plus fort, mais vous êtes soigné hein, ça va passer, alors faut plus revenir. »

Je traîne mon corps blessé à la pharmacie, chercher du Tramadol. Ça me parle vaguement. C'est plus costaud que la codéine. Je le prends.

Manque de bol je ne réagis pas à cette molécule (étonnant, moi qui suis si chanceuse). Elle me donne envie de vomir, et également de dormir mais la douleur reste et m’empêche de dormir. Donc je suis juste plus mal.

A 16h, Amoureux me ramène à l’hôpital, bien décidé à gueuler. Lorsqu’elle nous voit, la brune s’approche en soupirant. Je lui explique que les médicaments ne marchent pas.

« Bin voyons. Vous voulez de la morphine peut-être ? »

Elle me prend pour une toxico. Oui connasse, je veux de la morphine, J’AI MAL !

Amoureux suggère une idée que je rabâche depuis deux semaines :

« Arrachez-lui la dent. »

Elle secoue la tête.

« C’est hors de question. On n’arrache pas une dent à une fille de cet âge. C’est du gâchis. De toute façon, il faut être deux pour arracher une molaire, et je suis seule aujourd’hui. »

Il est important de noter qu'un ami à moi travaillant à l'hôpital m'a expliqué qu'elle mentait : en temps qu'étudiante, elle a forcément un titulaire de garde qu'elle peut biper en cas d'urgence. Cela dit, ça fait moyen moyen sur leurs dossiers, alors la majorité des étudiants disent qu'ils sont seuls.

Amoureux s’énerve, il n’en peut plus de me voir comme ça. Moi je pleure à moitié, la supplie de m’aider. Le couple assis dans la salle d’attente nous regarde étrangement, se demandant si nous sommes dingues ou à plaindre. A cet instant précis, je dirais les deux.

« Ok, je vous enlève le pansement, mais vous revenez lundi hein ? »

Libération. La douleur est toujours là, mais plus aussi intense. Je pars le lendemain en train avec Super Copine, dormant et me réveillant pour prendre de la codéine. Durant le week-end, la douleur disparaît. A croire qu’il fallait qu’ils arrêtent d’y toucher pour que je n’aie plus mal.

Le lundi ? Je n’y suis pas retournée. Oui, je cherche la merde. Mais ne plus avoir mal pour la première fois depuis presque deux mois est tellement jouissif que je veux en profiter un peu, je me promets qu’en septembre je prends rendez-vous avec un vrai dentiste.

Septembre : rendez-vous avec le dit-dentiste. La pour être précise. Je lui raconte mes misères. Elle m’explique qu’elle doit faire comme à la fac dentaire. « Au moins une fois », précise-t-elle, pour être sûre, peut-être qu’ils l’ont mal fait. Si ça ne fonctionne pas, on arrachera cette dent.

Entre temps bien sûr, j’ai de nouveau mal comme une damnée.

Le lendemain, Amoureux appelle le dentiste : il faut réenlever le pansement, genre là maintenant tout de suite. Merde, elle ne travaille pas, son assistante nous dit d’aller aux urgences dentaires (sens ma joie qui monte) et de leur dire d’enlever le pansement, nettoyer et puis c’est tout. Hors de question qu’on me torture à nouveau.

Ils ont refusé.

« Elle n’est pas là votre dentiste, alors c’est comme on veut, ou pas du tout. »

Nous a dit le quinquagénaire chauve. Du coup c’est pas du tout. Quand je souffre, je n’ai pas la force de me battre, Amoureux s’en va en criant que c’est un scandale, que c’est tous des cons. Le lendemain matin, retour chez mon dentiste, avant ses rendez-vous, elle m’enlève ce *$ù°*^#* de pansement (oui, j’essaie d’être vulgaire comme dans les bds).

« Ouah ça fait un geyser de sang ! ça m’étonne pas que vous ayez mal ! Allez, après-demain, on vous l’arrache ! »

Et tout est bien qui finit bien…

FAUX ! Petit naïf.

Je reviens donc, accompagné par Champot’, une de mes plus vieilles copines chez cette dentiste très gentille qui accepte enfin de m'arracher cette *^ù£°|*% de dent. On s’installe, anesthésie avec super piqûre (c’est bon, j’suis rodée) et on attaque.

A partir de ce moment-là je n’ai plus d’image en tête. Une douleur fulgurante me submerge. Mon corps tremble, je gémis, je pleure, je supplie dans ma tête qu’on arrête, que ça cesse, tout de suite, maintenant, ou qu’on me tue. Qui je suis ? Où sommes-nous ? Moi ai fait de la philo suis incapable de répondre à ces questions à l’heure actuelle. Je ne suis que douleur.

Des heures et des heures après, je réintègre mon corps, en pleurs. Il me faut bien une demi-heure avant de me relever. J’apprends que la dentiste à demander à Champot’ si elle voulait sortir, car elle était choquée de me voir ainsi. J’apprends également que tout ça n’a duré qu’une quinzaine de minute. J’apprends pour fini que la fac dentaire m’a sûrement trop bourrée de cachets et anesthésique, ce qui fait que celle-ci n’a pas marché, mais une fois commencé, il fallait finir.

On m'a donc arraché une molaire sans anesthésie.

Après ça, j’ai eu le sentiment d’avoir été torturé, j’ai pleuré toute la journée de manière compulsive.


Mais je n’ai plus cette putain de dents, et ça va mieux. (Tu savais qu’on pouvait avoir des douleurs fantômes même pour les dents ?)

Cette fois là, les médecins s’y sont pris autrement pour me tuer, ils attendaient que je me suicide de moi-même.

On ne peut qu’admirer leur créativité.

La fac dentaire &amp; moi (Partie 2)
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À propos

Melusine Hoffman

Clermontoise pseudo-écrivaine. Râleuse Chronique. 36 15 jraconte ma life. Prends le temps de lire, et de commenter (surtout si tu n'aimes pas...)
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Victor Ladou 19/12/2015 15:37

C'est dent-esque ce qu'il t'est arrivé. Ils sont dent-gereux ces étudiants...

Melusine Hoffman 21/12/2015 10:59

Et le prix des jeux de mots les plus capillotractés sont attribués à ....

Papou 19/12/2015 01:09

J’ai souffert en lisant cet article…. Mais vraiment …
C’est moins drôle quand la douleur est réel, surtout si c’est la tienne.

Melusine Hoffman 21/12/2015 10:58

J'ai souffert aussi, heureusement que c'est fini !